Question : Comment est née l’histoire de « Elle s’appelait Sarah » ?
Réponse :
Je me suis toujours intéressée à la mémoire des lieux. Je reste convaincue que les murs gardent en eux la trace et l’esprit de ce qu’ils ont pu abriter en événements douloureux. C’était d’ailleurs le thème d’un de mes romans « La mémoire des murs ». À l’occasion de ce livre, je suis allée rue Nelaton dans le XVe arrondissement. Née au début des années 1960, je n’ai pas appris les details de la rafle du Vel d'Hiv à l’école. J’ai commencé à me documenter. Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai été tour à tour effondrée, bouleversée, choquée, blessée. C’est pour tenter de réparer cette blessure que j’ai écrit ce livre.
Q : Sarah et sa famille sont-elles basées sur des personnes qui ont vraiment existé en 1942 ?
R :
Non, ces personnages sortent de mon imagination. Mais ma fille Charlotte, qui avait 11 ans au moment où j’ai écrit ce roman, a été mon inspiration principale pour me permettre de façonner ce personnage.
Q : Etes vous Julia Jarmond ?
R :
Non ! Même si beaucoup de mes lecteurs sont persuadés du contraire. Julia est Américaine et je suis Franco-Anglaise. J’ai un mari merveilleux qui n’a rien à voir avec l’arrogant Bertrand Tézac, le mari de Julia. Je n’ai pas de fille qui s’appelle Zoe, mais un fils de 21 ans, Louis, et une fille, Charlotte, 19 ans. La seule chose que j’ai en commun avec Julia c’est que nous avons le même âge et que nous sommes toutes deux journalistes.
Q : Combien de temps avez-vous mis pour écrire ce roman ?
R :
Un an pour les recherches, deux ans d’écriture et deux ans pour le faire publier.
Q : Comment avez-vous fait vos recherches ?
R :
J’ai lu tout ce que j’ai pu trouver concernant la rafle. (Cette liste de livres est à la fin de mon roman). Je suis allée plusieurs fois à Drancy et à Beaune la Rolande. Et j’ai rencontré des rescapés de la rafle, des moments inoubliables.
Q : Pourquoi avez-vous écrit Elle s’appelait Sarah en anglais ?
R :
Mon père est français, ma mère anglaise, et j’ai appris les deux langues en même temps. J’ai été élevée en France, aux USA et en Angleterre. Tous mes romans précédents sont en français. Mais pour écrire sur ces pages sombres de l’histoire française, je me suis en quelque sorte servie de la distance que me donnait la langue anglaise. Je ne l'ai pas traduit moi même, car je ne suis pas traductrice, même si je suis bilingue, et je pense qu'il faut un certain recul sur son propre travail pour pouvoir se traduire soi même.
Q : Le titre original de votre roman est Sarah's Key ce qui veut dire La Clef de Sarah en anglais. Pourquoi ne pas avoir gardé ce titre ? Le titre français fait-il référence à la chanson de Jean-Jaques Goldmann ?
R :
C'est une décision éditoriale des Editions Héloise d'Ormesson. Je trouve le titre français très beau, et il fait en effet penser à la chanson de Goldmann qui s'appelle "Comme toi" et qui évoque l'holocauste.
Q : Elle s’appelait Sarah a été traduit dans combien de langues ?
R :
38, ce qui ne cesse de m’émerveiller.
Q : Avez vous aimé le film ?
R :
Oui, le film de Gilles Paquet-Brenner, avec Kristin Scott-Thomas et Mélusine Mayance dans le rôle de Sarah est un très beau film qui respecte parfaitement mon roman.
Q: Quand avez vous commencé à écrire ?
R :
A l'âge de 10 ans, j'ai écrit un court roman en anglais pour l'anniversaire de ma mère. Heureusement, elle m'a encouragée ! J'ai écrit un roman par an pendant une dizaine d'années, mais aussi un journal intime, des poèmes, des pièces de théâtre. Je suis venue à la publication avec L'Appartement Témoin, en 1992.
Q : Comment écrivez vous ?
R :
Je prends des notes sur un petit carnet, puis je les retranscris dans l'ordinateur. J'écris tard le soir et tôt le matin ! Mes premiers lecteurs sont mon mari Nicolas, puis mes amies proches Laure, Catherine et Julia. Je mets entre un et deux ans pour écrire un roman.
Q : Qui sont vos écrivains préferés ?
R :
Daphne du Maurier, Virginia Woolf, Henry James, Irène Nemirovsky, Emile Zola, Guy de Maupassant, Patrick Modiano, Oscar Wilde, Charles Baudelaire, Edgar Allen Poe. Paul Auster, Joanna Trollope, Anita Shreeve, Penelope Lively, A.S Byatt, JM Coetzee, Maggie O’Farrell, Tracy Chevalier, Joyce Carol Oates, et Sarah Waters. Chez les auteurs français de ma géneration, j'aime le travail de Karine Tuil, Delphine de Vigan, Serge Joncour, Emmanuel Carrère, Phlippe Claudel, et de Véronique Olmi.
Q : De quoi parle votre dernier roman ?
R :
C'est l'histoire d'une femme qui se bat pour garder sa maison de famille. Celle ci se trouve sur le tracé du futur boulevard Saint Germain. Nous sommes en 1868 et Rose devra affronter le Baron Haussmann... Evidemment, la maison de Rose a un secret....Il sort le 3 mars 2011 aux Editions Héloise d'Ormesson.

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